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Article paru dans le numéro du magazine « L’Incorrect » de novembre 2019

La révolution « gaïatique »

de Gaïa à Greta

Nous sommes entrés dans un nouveau cycle médiatico-religieux depuis quelques mois maintenant. Après les cycles du combat entre féminisme et masculinisme, il semblerait que la nouvelle contradiction proposée par le système soit entre les écologistes et les sceptiques. Et si, au delà des apparences, nous avions devant nous la création d’une nouvelle religion ?

La naturalisation de l’individu

Les mouvements « meetoo », ou « balance ton porc », auxquels répondent actuellement les mouvements dits masculinistes ont des conséquences qui dépassent largement la soit-disant condition déplorable des femmes dans des sociétés à résidus de patriarcats tyranniques. Pour comprendre ce mouvement il faut le remettre en contexte. Après les abus du patriarcat que nous nommons « dégénéré » du 19’ème siècle et la condition néfaste dans laquelle vivaient les épouses et les mères, s’est crée le mouvement féministe. Le postulat de départ, à savoir « on ne nait pas femme on le devient » portait en lui les germes de ses futurs abus et a permis aux agents mondialistes des avancées fortes et rapides dans les lois sociétales. L’objectif premier, mais caché au départ, étant de détruire la seule figure permettant l’arrêt de l’idéologie du Progrès : celle du père.

Face au excès de ce courant, le masculinisme prend tout son sens. Se pensants attaqués dans le fait d’être un mâle, la jeunesse européenne tombe dans le piège de la rivalité mimétique « viriliste » et va parfois jusqu’à promouvoir un système proche de celui du 19ème. Le serpent se mord la queue, le cycle est éternel. Encore une fois, sans la voix du père, biologique, symbolique, transcendant, le combat ne se limitera qu’à tomber dans les pièges tendus. Ce cycle mimétique au temps long aura fini de naturaliser totalement les individus en réduisant leur existence à leur simple sexe, qu’ils puissent en changer n’est d’ailleurs que l’expression d’une nouvelle contradiction systémique.

La nature a horreur du vide

L’indifférenciation générale provoquée par cette naturalisation va produire ce que René Girard appelait une crise sacrificielle. Quand les individus en sont réduits à se penser en terme sexué, les différences s’amenuisent. Les hiérarchies étant tombées depuis bien longtemps, les hommes sont indifférenciés aux femmes, les élèves aux maîtres, demain les humains aux robots pour après demain l’Homme à Dieu, nous sommes aux prémices d’un affrontement primitif violent.

Cette situation va, en effet, mener les individus à s’en retourner à leurs vieux réflexes archaïques, ceux de la guerre du tous contre tous. Force est de constater que nous y sommes presque. Pour sortir de cette crise il va falloir se trouver une nouvelle religion, de nouvelles prêtresses sacrificielles et demain, un nouveau bouc émissaire. C’est ici que Greta entre en jeu. Pur création de l’Open Society de Soros, cette enfant correspond totalement aux archétypes de la Pythie de nos ancêtres. Jeune, innocente, asexuée, handicapée, elle devient la prêtresse de la Terre-Mère Gaïa. Croire que le débat se situe entre climato-convaincu et climato-sceptique c’est ne rien avoir compris aux enjeux véritables. Cette nouvelle religion que nous nommons gaïatique va proposer une vision anthropologique qui ferait rêver Satan lui-même, à savoir placer l’humanité comme ennemi principal de la Nature. La déesse Gaïa est furieuse, ses enfants se comportent mal et il va falloir sévir. Greta, la pauvre, n’est qu’une victime de cette instrumentalisation, mais elle met dans la rue des jeunes gens atomisés qui deviennent les adeptes d’une religion immanente qu’ils ne contrôlent pas. En effet, qui pourrait vouloir une destruction de la nature ? En réponse à cette question nous en proposant d’autres : si vous aimez tellement la nature, pourquoi en enfreindre les règles de base comme la complémentarité homme/femme ? Pourquoi refuser d’admettre que si cette nature est à conserver c’est parce qu’elle est

le vestige de la Saint Trinité ? Mettre la Terre au même niveau que Dieu, c’est indifférencier le Créateur et sa créature, c’est mettre le genre humain en danger de mort en le plaçant en bouc émissaire universel. Nous respectons la nature en sauvegardant son ordre divin, et celui qui doit gérer cela c’est l’homme. Greta, la golem gaïatique, est le symbole parfait de cette écologisme anti-Dieu, anti-humain et anti-Espérance. La nature ayant horreur du vide, elle a su combler les errements religieux modernes par un syncrétisme pagano-gnostique.

L’Église piégée ?

Face à cette gnose gaïatique le monde occidental aurait besoin d’un phare sous lequel reposé son esprit, d’une lumière qui éclairerait les traditions à suivre, les pièges à éviter. Comme le disait le Christ : « Mon Royaume n’est pas ce monde », tout chrétien sait que la nature est à respecter et préserver, certainement pas à déifiée. Saint François d’Assise parlait de la nature comme «sa soeur », non comme sa mère. Le patriarcat chrétien propose une vision claire de l’Incarnation : un Père au Ciel, et une mère sur terre. L’inverse serait un retour au monde tribal et violent. On nous le prépare aujourd’hui. Pis encore, le saint parlait de la nature comme d’un don merveilleux, offert par Dieu au genre humain. Si la nature doit être conserver, et avec elle ses lois qui sont d’essence divine, en aucun cas elle ne doit être l’égale de Dieu son créateur.

Dans ce contexte s’ouvre à l’heure où nous écrivons ses lignes le Synode pour l’Amazonie avec un texte préparatoire de 36 pages. A sa lecture, nous pouvons relever deux points majeurs et assez contradictoires. C’est la fameuse théorie de l’inculturation. D’un côté une volonté affirmée d’adapter l’Eglise à la « cosmovision, la sagesse des peuples amazoniens » pour créer une « Eglise avec un visage amazonien et une Eglise avec un visage indigène » en nous « laissant évangéliser par eux ». De l’autre, on propose une véritable lutte pour la conservation de l’identité des peuples autochtones d’Amazonie considérés comme les « gardiens » légitimes de leurs territoires. D’aucuns diront qu’ils aimeraient entendre ce genre de discours pour les peuples autochtones européens.

Le Synode va utiliser la même personnification à outrance de la Terre et de ses attributs. Ainsi, quand on entend dans les médias que l’Amazonie est le poumon de la planète (ce qui est absolument et scientifiquement faux), le texte synodal nous dit que « l’Amazone est le fleuve père et mère de tous ». Les chamanes locaux sont considérés comme porteurs « des fruits du Verbe déjà présents dans la cosmovision de ses peuples », car « cette terre n’est pas orpheline ! C’est la terre de la Mère ».

Dans ce grand mouvement révolutionnaire gaïatique, la place des femmes au sein de l’Eglise devra aussi changer. Après tout, il faut bien s’adapter au monde nouveau. Demain des femmes prêtresses et des mariages au sein de la prêtrise ? La compréhension de l’alliance entre matriarcat sacrificiel et vision cyclique de l’histoire nous indique que ce serait la voie toute tracée de la victoire du modernisme au sein du christianisme.

Certes on nous rabâche que ce n’est qu’un texte préparatoire, mais les pires citations sont celles rapportées de la plume ou de la voix du Pape lui-même. Saura-t-il se rectifier et empêcher l’entrée de l’Eglise toute entière dans cette révolution gaïatique ? Prions de toutes nos forces pour cela.

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