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DISCRIMINATION ET DISPARITÉS

Éditeur :

24,00€

DISCRIMINATION ET DISPARITÉS – THOMAS SOWELL

Description

Première traduction française du livre de Thomas Sowell, Discripination et disparités paru en 2019 sous le titre Discrimination and disparities. (Traduction et notes : Radu Stoenescu, philosophe)

Thomas Sowell

Thomas Sowell, né en 1930 en Caroline du Nord, est un économiste, philosophe et essayiste américain conservateur de renom. Ancien marxiste converti au libéralisme classique, il a enseigné à Cornell, UCLA et Stanford, tout en publiant plus de 40 ouvrages sur l’économie, les discriminations ethniques et la politique. Il est affilié à l’école de Chicago et a eu pour mentor Milton Friedman. 

Extraits du livre

Ni Mein Kampf d’Hitler ni Le Capital de Marx n’étaient des exercices de vérification d’hypothèses. Certes, le vaste traité économique en trois volumes de Karl Marx constitue une œuvre intellectuelle bien plus considérable, mais l’« exploitation » n’y est, à aucun moment de ses 2 500 pages, envisagée comme une hypothèse à vérifier. Elle en constitue plutôt le postulat fondateur, sur lequel fut érigée toute une superstructure intellectuelle — fondée, en réalité, sur du sable mouvant. Éliminer les « exploiteurs » capitalistes dans les pays communistes n’a pas permis d’élever le niveau de vie des travailleurs, même jusqu’à celui, courant, de nombreux pays capitalistes, où les ouvriers étaient pourtant, selon la conception marxiste, toujours « exploités ».

L’idée que la discrimination explique les disparités économiques et sociales exerce sans doute un attrait émotionnel semblable pour beaucoup. Mais nous pouvons, à tout le moins, tenter de considérer ces théories — et d’autres encore — comme des hypothèses susceptibles d’être mises à l’épreuve. Les conséquences historiques du fait d’avoir érigé certaines croyances en dogmes sacrés, soustraits à toute vérification ou à toute logique, devraient suffire à nous dissuader d’emprunter à nouveau cette voie — aussi exaltants ou émotionnellement gratifiants que puissent paraître ces dogmes politiques et les croisades qu’ils engendrent, ou aussi commodes soient-ils pour nous éviter la peine et l’inconfort d’examiner nos propres convictions et de les confronter aux faits.

Ch. 1 « Inégalités et prérequis »

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Illusions de la Justice Sociale

22,00€
Première traduction française du dernier livre de Thomas Sowell, Illusions de la justice sociale paru en 2023 sous le titre Social Justice Fallacies. (Traduction et notes : Radu Stoenescu, philosophe)

Thomas Sowell

Thomas Sowell est un économiste et philosophe américain né en 1930 en Caroline du Nord. Orphelin, il a grandi dans une famille noire pauvre et après un décrochage scolaire et un service militaire dans les marines, il a repris ses études pour finalement rejoindre Harvard pour son master en économie et l’université de Chicago pour sa thèse avec pour directeur le prix Nobel George Stigler.

Sowell est connu pour ses travaux économiques et sociaux, notamment sa critique des idées progressistes qui contribuent à la stagnation économique et sociale. Il a reçu la médaille National Humanities Medal en 2002 pour sa contribution exceptionnelle aux sciences humaines. Ses idées sont largement discutées dans les médias américains et il est considéré comme l’un des penseurs conservateurs les plus influents de notre temps, puisqu’il inspire notamment la pensée d’Etat minimaliste d’un Elon Musk.

Extraits du livre

« En politique, on peut faire des promesses très coûteuses comme le fait pour le gouvernement de fournir «gratuitement» pléthore d’avantages à tout le monde, ce qui peut réussir à séduire certains électeurs. Cela marche encore mieux si le gouvernement prétend payer les coûts supplémentaires de ces cadeaux en taxant davantage «les millionnaires et milliardaires», que cela se vérifie ou non. Un tel résultat peut sembler souhaitable à certains électeurs, du point de vue de la justice sociale, mais le caractère souhaitable n’exclut pas les questions de faisabilité. En politique, l’objectif n’est pas de parvenir à la vérité, mais d’obtenir des voix. Si la plupart des électeurs croient ce qu’on leur dit, la stratégie rhétorique est un succès, du point de vue des politiciens. Mais, du point de vue des contribuables, c’est une autre affaire: l’affirmation selon laquelle les cadeaux gouvernementaux seront financés en taxant plus «les millionnaires et milliardaires» nécessite un examen empirique, étant donné que «les nantis» ne sont pas toujours coopératifs. Ceux qui pensent que d’autres financent les bénéfices qu’ils reçoivent «gratuitement» de la part du gouvernement peuvent finir par découvrir que ce sont eux-mêmes en réalité qui paient pour ces cadeaux, du fait de l’inflation. »
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Illusions de la Justice Sociale

22,00€
Première traduction française du dernier livre de Thomas Sowell, Illusions de la justice sociale paru en 2023 sous le titre Social Justice Fallacies. (Traduction et notes : Radu Stoenescu, philosophe)

Thomas Sowell

Thomas Sowell est un économiste et philosophe américain né en 1930 en Caroline du Nord. Orphelin, il a grandi dans une famille noire pauvre et après un décrochage scolaire et un service militaire dans les marines, il a repris ses études pour finalement rejoindre Harvard pour son master en économie et l’université de Chicago pour sa thèse avec pour directeur le prix Nobel George Stigler.

Sowell est connu pour ses travaux économiques et sociaux, notamment sa critique des idées progressistes qui contribuent à la stagnation économique et sociale. Il a reçu la médaille National Humanities Medal en 2002 pour sa contribution exceptionnelle aux sciences humaines. Ses idées sont largement discutées dans les médias américains et il est considéré comme l’un des penseurs conservateurs les plus influents de notre temps, puisqu’il inspire notamment la pensée d’Etat minimaliste d’un Elon Musk.

Extraits du livre

« En politique, on peut faire des promesses très coûteuses comme le fait pour le gouvernement de fournir «gratuitement» pléthore d’avantages à tout le monde, ce qui peut réussir à séduire certains électeurs. Cela marche encore mieux si le gouvernement prétend payer les coûts supplémentaires de ces cadeaux en taxant davantage «les millionnaires et milliardaires», que cela se vérifie ou non. Un tel résultat peut sembler souhaitable à certains électeurs, du point de vue de la justice sociale, mais le caractère souhaitable n’exclut pas les questions de faisabilité. En politique, l’objectif n’est pas de parvenir à la vérité, mais d’obtenir des voix. Si la plupart des électeurs croient ce qu’on leur dit, la stratégie rhétorique est un succès, du point de vue des politiciens. Mais, du point de vue des contribuables, c’est une autre affaire: l’affirmation selon laquelle les cadeaux gouvernementaux seront financés en taxant plus «les millionnaires et milliardaires» nécessite un examen empirique, étant donné que «les nantis» ne sont pas toujours coopératifs. Ceux qui pensent que d’autres financent les bénéfices qu’ils reçoivent «gratuitement» de la part du gouvernement peuvent finir par découvrir que ce sont eux-mêmes en réalité qui paient pour ces cadeaux, du fait de l’inflation. »
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livre pour une révision totale de l'histoire par alain pascal
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Pour une révision totale de l’histoire, de Alain Pascal

25,00€

Un essai de référence proposant une révision totale de l’histoire et une critique des fondements de la modernité.

Pour une révision totale de l’histoire

Pour une révision totale de l’histoire est un essai historique et critique dans lequel Alain Pascal propose une relecture radicale de l’histoire officielle. Le livre s’adresse à ceux qui souhaitent comprendre les grands récits qui structurent notre vision du passé.

Repenser les fondements de l’histoire

D’abord, l’auteur part d’un constat simple. L’histoire enseignée repose souvent sur des récits figés. Ces récits deviennent des dogmes. Avec le temps, ils empêchent toute remise en question sérieuse.

Alain Pascal invite donc à reprendre les faits. Il examine les sources. Il interroge les interprétations dominantes. Son objectif n’est pas de provoquer, mais de comprendre.

Une critique des récits officiels

Ensuite, le livre analyse la construction idéologique de l’histoire moderne. Selon l’auteur, certaines périodes, certains événements et certaines figures ont été volontairement déformés. D’autres ont été occultés.

Ainsi, l’histoire cesse d’être un outil de connaissance. Elle devient un instrument politique et culturel. Cette dérive produit une vision tronquée du passé et, par conséquent, une lecture faussée du présent.

Une méthode rigoureuse et structurée

Cependant, Pour une révision totale de l’histoire ne se contente pas d’affirmations générales. Alain Pascal développe une méthode précise. Il confronte les faits historiques, les traditions intellectuelles et les ruptures idéologiques.

Le livre s’appuie sur une vaste culture historique et philosophique. Il propose une analyse cohérente, accessible et progressive. Chaque chapitre éclaire un aspect fondamental de cette relecture globale.

Comprendre le présent par le passé

Enfin, cet essai montre pourquoi la question historique est centrale. Une société qui falsifie son passé se prive de repères solides. Elle devient vulnérable aux manipulations idéologiques.

Pour une révision totale de l’histoire s’adresse aux lecteurs exigeants. Il concerne ceux qui veulent dépasser les discours convenus et retrouver une compréhension profonde des civilisations, de leurs fondements et de leurs crises.

Un livre essentiel pour penser l’histoire autrement, et mieux comprendre le monde contemporain.

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Pour une révision totale de l’histoire, de Alain Pascal

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Un essai de référence proposant une révision totale de l’histoire et une critique des fondements de la modernité.

Pour une révision totale de l’histoire

Pour une révision totale de l’histoire est un essai historique et critique dans lequel Alain Pascal propose une relecture radicale de l’histoire officielle. Le livre s’adresse à ceux qui souhaitent comprendre les grands récits qui structurent notre vision du passé.

Repenser les fondements de l’histoire

D’abord, l’auteur part d’un constat simple. L’histoire enseignée repose souvent sur des récits figés. Ces récits deviennent des dogmes. Avec le temps, ils empêchent toute remise en question sérieuse.

Alain Pascal invite donc à reprendre les faits. Il examine les sources. Il interroge les interprétations dominantes. Son objectif n’est pas de provoquer, mais de comprendre.

Une critique des récits officiels

Ensuite, le livre analyse la construction idéologique de l’histoire moderne. Selon l’auteur, certaines périodes, certains événements et certaines figures ont été volontairement déformés. D’autres ont été occultés.

Ainsi, l’histoire cesse d’être un outil de connaissance. Elle devient un instrument politique et culturel. Cette dérive produit une vision tronquée du passé et, par conséquent, une lecture faussée du présent.

Une méthode rigoureuse et structurée

Cependant, Pour une révision totale de l’histoire ne se contente pas d’affirmations générales. Alain Pascal développe une méthode précise. Il confronte les faits historiques, les traditions intellectuelles et les ruptures idéologiques.

Le livre s’appuie sur une vaste culture historique et philosophique. Il propose une analyse cohérente, accessible et progressive. Chaque chapitre éclaire un aspect fondamental de cette relecture globale.

Comprendre le présent par le passé

Enfin, cet essai montre pourquoi la question historique est centrale. Une société qui falsifie son passé se prive de repères solides. Elle devient vulnérable aux manipulations idéologiques.

Pour une révision totale de l’histoire s’adresse aux lecteurs exigeants. Il concerne ceux qui veulent dépasser les discours convenus et retrouver une compréhension profonde des civilisations, de leurs fondements et de leurs crises.

Un livre essentiel pour penser l’histoire autrement, et mieux comprendre le monde contemporain.

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Le visage de Dieu

24,00€

Description

Première traduction française du livre de Sir Roger Scruton, Le visage de Dieu paru en 2012 sous le titre The Face of God. (Traduction et notes : Radu Stoenescu, philosophe)

Roger Scruton

Roger Scruton (1944-2020), philosophe britannique, a défendu avec conviction le conservatisme et les valeurs traditionnelles. Né dans un milieu modeste du Lincolnshire, il a tourné le dos aux idées socialistes de son père pour adopter une vision centrée sur la beauté, la communauté et la liberté. Diplômé de Cambridge, il a marqué les esprits dès 1980 avec The Meaning of Conservatism, devenant une voix forte contre le marxisme et le libéralisme radical. 
Scruton a joint l’action à la parole. Pendant la guerre froide, il a soutenu les dissidents d’Europe de l’Est, organisant des séminaires clandestins en Tchécoslovaquie pour promouvoir la liberté de pensée. Ses engagements ont montré son courage. Avec des ouvrages comme Beauty (2009) ou Fools, Frauds and Firebrands (2015), il a célébré la culture occidentale tout en critiquant ses excès. Installé dans une ferme du Wiltshire, il a vécu selon ses principes jusqu’à sa mort en 2020, laissant une trace qui interpelle encore. Il a écrit, au total, plus de cinquante livres, explorant la philosophie, l’esthétique et la politique avec une approche claire et directe.

Extraits du livre

« Sourire est une manière d’être présent dans le visage ; une autre manière est d’embrasser. Alors qu’un sourire sincère est involontaire, un baiser sincère est voulu. C’est du moins vrai pour le baiser d’affection. Dans le baiser de passion érotique, cependant, la volonté est aussi partiellement dépassée et dans ce contexte, le baiser purement voulu a une apparence d’insincérité. Le baiser érotique sincère est à la fois une expression de la volonté et un abandon mutuel. Ainsi, il nécessite une sorte de maîtrise de la bouche, pour que l’âme puisse exhaler à travers elle, et aussi s’abandonner là, à la périphérie de son être. Décrivant la tentation et la chute de Francesca da Rimini, Dante montre Francesca se remémorant le moment où elle et Paolo lisaient ensemble l’histoire de Lancelot et Guenièvre, et arrivaient au passage où Lancelot tombe victime du sourire de Guenièvre. Elle se souvient de la façon dont le sourire affectueux fut « embrassé par un tel amant ». Elle se souvient ensuite que Paolo embrasse, non pas son sourire, car elle ne souriait plus, mais sa bouche. Et à travers sa bouche, elle participe au tremblement de Paolo : « la bocca mi baciò tutto tremante « (L’Enfer, V, 136). La bouche, comme l’œil, est un point d’intersection de l’âme et du corps, de la personne et de l’animal. Francesca a pris conscience, à travers Guenièvre, de son propre sourire, puisque qu’elle a pris conscience de la liberté de choix qui soutient son amour. Puis Paolo l’embrasse, et son sourire devient une bouche, toute tremblante. Elle attribue ce tremblement à Paolo : et nous comprenons comment l’image de soi de Francesca a été vaincue. Elle éprouve son désir comme une force extérieure, une conquête, à laquelle elle est impuissante à résister, puisque cela a été transféré au « Je ». Le baiser érotique ne concerne pas seulement les lèvres : les yeux et les mains y jouent aussi un rôle essentiel. Et il est certain que Sartre a raison de penser que, dans la caresse du désir, je cherche, comme il le dit, à « incarner l’autre » – en d’autres termes, je cherche à faire passer dans la chair que je touche avec mes mains ou mes lèvres ce que Sartre appelle la liberté, et que j’appelle la perspective de la première personne. Sartre poursuit en affirmant que le désir sexuel est intrinsèquement paradoxal, car il ne peut atteindre son but qu’en possédant « une liberté comme liberté[1] » – c’est-à-dire en possédant la liberté de l’autre tout en la supprimant. Je ne suis pas d’accord avec cela. Mais je pense que le baiser du désir met en avant la même ambiguïté dans le visage que l’on retrouve dans l’alimentation. Les lèvres qu’on offre, amoureux, à un autre sont empreintes de subjectivité : elles sont les avatars du « je », invoquant la conscience de l’autre dans un don mutuel. C’est ainsi que le baiser érotique est représenté par Canova, par exemple, dans sa sculpture d’Éros et Psyché, Figure 4, et aussi par Rodin dans « Le Baiser », une œuvre initialement intitulée « Paolo et Francesca ». »
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Le visage de Dieu

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Première traduction française du livre de Sir Roger Scruton, Le visage de Dieu paru en 2012 sous le titre The Face of God. (Traduction et notes : Radu Stoenescu, philosophe)

Roger Scruton

Roger Scruton (1944-2020), philosophe britannique, a défendu avec conviction le conservatisme et les valeurs traditionnelles. Né dans un milieu modeste du Lincolnshire, il a tourné le dos aux idées socialistes de son père pour adopter une vision centrée sur la beauté, la communauté et la liberté. Diplômé de Cambridge, il a marqué les esprits dès 1980 avec The Meaning of Conservatism, devenant une voix forte contre le marxisme et le libéralisme radical. 
Scruton a joint l’action à la parole. Pendant la guerre froide, il a soutenu les dissidents d’Europe de l’Est, organisant des séminaires clandestins en Tchécoslovaquie pour promouvoir la liberté de pensée. Ses engagements ont montré son courage. Avec des ouvrages comme Beauty (2009) ou Fools, Frauds and Firebrands (2015), il a célébré la culture occidentale tout en critiquant ses excès. Installé dans une ferme du Wiltshire, il a vécu selon ses principes jusqu’à sa mort en 2020, laissant une trace qui interpelle encore. Il a écrit, au total, plus de cinquante livres, explorant la philosophie, l’esthétique et la politique avec une approche claire et directe.

Extraits du livre

« Sourire est une manière d’être présent dans le visage ; une autre manière est d’embrasser. Alors qu’un sourire sincère est involontaire, un baiser sincère est voulu. C’est du moins vrai pour le baiser d’affection. Dans le baiser de passion érotique, cependant, la volonté est aussi partiellement dépassée et dans ce contexte, le baiser purement voulu a une apparence d’insincérité. Le baiser érotique sincère est à la fois une expression de la volonté et un abandon mutuel. Ainsi, il nécessite une sorte de maîtrise de la bouche, pour que l’âme puisse exhaler à travers elle, et aussi s’abandonner là, à la périphérie de son être. Décrivant la tentation et la chute de Francesca da Rimini, Dante montre Francesca se remémorant le moment où elle et Paolo lisaient ensemble l’histoire de Lancelot et Guenièvre, et arrivaient au passage où Lancelot tombe victime du sourire de Guenièvre. Elle se souvient de la façon dont le sourire affectueux fut « embrassé par un tel amant ». Elle se souvient ensuite que Paolo embrasse, non pas son sourire, car elle ne souriait plus, mais sa bouche. Et à travers sa bouche, elle participe au tremblement de Paolo : « la bocca mi baciò tutto tremante « (L’Enfer, V, 136). La bouche, comme l’œil, est un point d’intersection de l’âme et du corps, de la personne et de l’animal. Francesca a pris conscience, à travers Guenièvre, de son propre sourire, puisque qu’elle a pris conscience de la liberté de choix qui soutient son amour. Puis Paolo l’embrasse, et son sourire devient une bouche, toute tremblante. Elle attribue ce tremblement à Paolo : et nous comprenons comment l’image de soi de Francesca a été vaincue. Elle éprouve son désir comme une force extérieure, une conquête, à laquelle elle est impuissante à résister, puisque cela a été transféré au « Je ». Le baiser érotique ne concerne pas seulement les lèvres : les yeux et les mains y jouent aussi un rôle essentiel. Et il est certain que Sartre a raison de penser que, dans la caresse du désir, je cherche, comme il le dit, à « incarner l’autre » – en d’autres termes, je cherche à faire passer dans la chair que je touche avec mes mains ou mes lèvres ce que Sartre appelle la liberté, et que j’appelle la perspective de la première personne. Sartre poursuit en affirmant que le désir sexuel est intrinsèquement paradoxal, car il ne peut atteindre son but qu’en possédant « une liberté comme liberté[1] » – c’est-à-dire en possédant la liberté de l’autre tout en la supprimant. Je ne suis pas d’accord avec cela. Mais je pense que le baiser du désir met en avant la même ambiguïté dans le visage que l’on retrouve dans l’alimentation. Les lèvres qu’on offre, amoureux, à un autre sont empreintes de subjectivité : elles sont les avatars du « je », invoquant la conscience de l’autre dans un don mutuel. C’est ainsi que le baiser érotique est représenté par Canova, par exemple, dans sa sculpture d’Éros et Psyché, Figure 4, et aussi par Rodin dans « Le Baiser », une œuvre initialement intitulée « Paolo et Francesca ». »
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